Que tu sois en train de t’arracher les cheveux sur un projet client qui ne décolle pas, ou que tu cherches juste à légitimer tes tarifs auprès d’un prospect, il y a un outil magique qui va devenir ton meilleur allié : l’audit UX.
Je sais que la théorie du Design Thinking ou de l’UX/UI peut parfois paraître un peu abstraite. Mais crois-moi, maîtriser l’art de savoir comment faire un audit UX, ce n’est pas juste cocher des cases. C’est l’arme secrète qui transforme un simple site web en une machine à conversion ultra-efficace. C’est aussi ce qui fait la différence entre un prestataire et un véritable stratège.
Chez Webby Booster, on te donne la boîte à outils ultime. Aujourd’hui, on va décortiquer ensemble, étape par étape, ce processus essentiel. Accroche-toi, ça va te permettre de mieux fixer tes tarifs de webdesigner freelance et de dormir sur tes deux oreilles en sachant que tes projets reposent sur des bases solides.

L’audit UX, c’est quoi exactement ? (Et pourquoi tu devrais le vendre à tes clients) 💸
Alors, si tu devais expliquer ça à ta grand-mère (ou à un client un peu hermétique au jargon du web design), l’audit UX, c’est comme une visite technique approfondie de la voiture (le site web). On ne regarde pas si elle est propre (l’UI), on vérifie si le moteur tourne rond et si l’expérience de conduite est fluide (l’UX).
L’audit UX (User Experience, ou Expérience Utilisateur) est une évaluation méthodique et objective d’un produit (site web, application, logiciel) pour identifier les problèmes d’utilisabilité, d’accessibilité et de satisfaction qui empêchent l’utilisateur d’atteindre ses objectifs, et par conséquent, le client d’atteindre les siens (ventes, inscriptions, etc.).
Audit UX vs. Audit UI : la différence clé
C’est la confusion classique que l’on voit souvent chez les webdesigners qui débutent. On pense que « beau » rime avec « efficace ». Grosse erreur !
- L’UI (User Interface) : C’est l’aspect visuel et interactif. Est-ce que les couleurs sont bien choisies ? Est-ce que les boutons sont jolis ? C’est ce qui est jugé en 5 secondes.
- L’UX (User Experience) : C’est le ressenti global et la facilité d’utilisation. Est-ce que l’utilisateur trouve l’information rapidement ? Est-ce que le chemin vers l’achat est simple ? C’est ce qui crée la fidélité (ou la fuite).
Un audit UX va bien au-delà de l’esthétique. Il plonge dans la structure, la logique et la psychologie de l’utilisateur. Si l’interface (UI) est la carrosserie, l’expérience (UX) est le moteur. Et sans moteur, même la plus belle des voitures ne va nulle part.
Les bénéfices concrets pour ton TJM et ta légitimité
Pourquoi tu devrais proposer un audit UX, même si tu travailles sur un nouveau site ?
- Augmenter ton TJM (Tarif Journalier Moyen) : Un audit est un service à forte valeur ajoutée. Il positionne le webdesigner non pas comme un simple exécutant, mais comme un consultant stratégique.
- Légitimité et confiance : Quand tu peux prouver au client avec des chiffres et des méthodologies que « ça ne fonctionne pas » et surtout, comment le réparer, tu gagnes en crédibilité.
- Des projets plus fluides : En auditant l’existant, tu minimises les risques d’erreurs coûteuses dans le nouveau processus créatif webdesign.
Astuce de pro : Utilise un template d’audit web pro pour automatiser la présentation de tes résultats. Moins de temps passé à mettre en page, plus de temps à analyser !
Préparation : la phase la plus importante de ton audit UX (Ne brûle pas les étapes !)
Avant de sauter sur Figma pour redessiner le bouton d’inscription, respire. Un audit, c’est 80% de préparation et de compréhension. Voici comment bien t’y prendre.
Définir l’objectif de l’audit et le périmètre
Tu ne peux pas auditer « tout ». Il faut cibler le problème. Pose-toi (et au client) les bonnes questions :
- Quel est l’objectif principal qui n’est pas atteint ? (Exemple : faible taux de conversion sur les pages produits, taux de rebond élevé sur mobile).
- Quel est le périmètre exact ? (Le site complet ? Seulement le tunnel d’achat ? L’espace client ?).
- Qui est l’utilisateur cible ? (Tu vas avoir besoin de tes personas ici !).
Cas client : J’ai fait un audit pour un site e-commerce il y a quelques mois. Le client pensait que le problème était l’esthétique du panier. En réalité, après avoir défini l’objectif (augmenter les ventes de 15%), on a découvert que c’était la navigation mobile et l’absence de confiance sur les pages de paiement qui bloquaient tout. L’objectif redéfinit l’approche.
Rassembler la documentation (data analytics, personas, cahier des charges)
Un bon audit est basé sur des preuves, pas sur des suppositions. C’est le moment d’aller pêcher les infos :
- Données quantitatives : Accès à Google Analytics, Hotjar, Search Console. On cherche les pages les plus visitées, les points de décrochage, les taux de rebond (on en reparle après).
- Données qualitatives : Rapports d’études précédentes, enquêtes utilisateurs, feedback client (via les SAV ou les avis en ligne).
- Documents du projet : Le cahier des charges initial, les wireframes, les guidelines de marque, et surtout, les objectifs business du client.
Les outils indispensables du webdesigner auditeur 💡
Tu n’as pas besoin de 50 outils hors de prix. Voici le trio gagnant pour bien débuter :
- Pour l’analyse quantitative : Google Analytics (ou Matomo) et Google Search Console.
- Pour l’analyse qualitative : Hotjar ou Microsoft Clarity (pour les cartes de chaleur et les enregistrements de sessions).
- Pour la prise de notes et le rapport : Notion ou Figma (pour structurer tes idées et créer une présentation claire).
Comment faire un audit UX étape par étape : la méthode Webby Booster 🎯
Allez, c’est parti pour le gros morceau. Pour être sûr de ne rien oublier, on divise le processus en quatre phases interdépendantes. Si tu sautes une étape, tu risques de faire un diagnostic incomplet. C’est comme essayer de optimiser la vitesse de son site sans regarder le code source : voué à l’échec.
Étape 1 : L’analyse heuristique (La revue d’expert)
C’est souvent par là qu’on commence, car c’est la méthode la plus rapide et la moins coûteuse. L’analyse heuristique consiste à inspecter l’interface en utilisant des principes reconnus d’utilisabilité (les fameuses heuristiques de Nielsen). C’est toi, l’expert, qui passe au peigne fin chaque page.
Tu vas évaluer le site selon ces 10 principes. Si tu ne les connais pas par cœur, pas de panique, on les décortique juste après.
- Ce que tu cherches : Les incohérences, les problèmes de navigation, le manque de feedback, la surcharge cognitive, etc.
- Le livrable : Une liste hiérarchisée des problèmes trouvés, classés par sévérité.
Dans nos tests récents, l’analyse heuristique a permis d’identifier 60% des problèmes critiques de navigation sur un site d’un thérapeute en moins de 8 heures. C’est l’étape la plus rentable en termes de temps/résultat.
Étape 2 : L’analyse des données quantitatives (Google Analytics et compagnie)
Les chiffres ne mentent jamais. Maintenant que tu as des hypothèses grâce à l’analyse heuristique, tu vas les valider (ou les invalider) avec les données réelles.
Les métriques essentielles à surveiller :
- Le Taux de rebond (Bounce Rate) : S’il est très haut (>60-70%), les utilisateurs trouvent-ils immédiatement ce qu’ils cherchent, ou le site est-il confus ?
- Le Taux de conversion : Là où l’argent est fait (ou perdu). Regarde les variations par appareil (Mobile vs Desktop) et par source de trafic.
- Les flux de comportement : Où les utilisateurs s’arrêtent-ils dans le tunnel de conversion ? C’est le point de friction principal.
Si, par exemple, ton analyse heuristique suspecte un problème sur la page d’inscription, et que Google Analytics montre que 90% des utilisateurs abandonnent à cette étape, bingo ! Tu as une preuve solide.
Étape 3 : L’analyse des parcours utilisateur (Le tunnel de conversion)
Il ne suffit pas de savoir où ils partent, il faut savoir comment ils se comportent. C’est là que les outils comme Hotjar entrent en jeu, te donnant des cartes de chaleur (heatmap) et des enregistrements de sessions.
Zoom sur les cartes de chaleur (Heatmaps) :
Les click maps t’indiquent où les gens cliquent. Si les utilisateurs cliquent sur une image non cliquable, c’est un problème de clarté de l’UI (qui affecte l’UX). Les scroll maps te montrent jusqu’où les gens descendent sur la page. Si 80% des utilisateurs ne voient jamais ton CTA (Call to Action) en bas de page, tu as un gros souci de hiérarchie.
Étape 4 : Le test utilisateur (La confrontation à la réalité)
Le test utilisateur est l’ultime vérification. Si tu as le budget (ou si tu as inclus cette phase dans ton offre), fais tester le site par de vrais utilisateurs (5 suffisent généralement pour trouver 85% des problèmes majeurs, selon le Nielsen Norman Group).
Comment mener un bon test utilisateur :
- Définir les tâches : Donne des missions claires (ex: « Trouve l’horaire d’ouverture » ou « Ajoute trois produits différents au panier »).
- Observer : Ne pas aider l’utilisateur. Regarde où il hésite, où il se trompe.
- Écouter : Demande-lui de penser à voix haute. Ses frustrations sont des pépites d’information.
Petit conseil : Je sais que recruter des utilisateurs peut être la galère. Tu peux commencer par des tests rapides et non modérés (via des plateformes en ligne) ou même demander à des potes qui correspondent au profil persona de ton client (même si ce n’est pas idéal, c’est mieux que rien !).
Décortiquer les critères heuristiques de Nielsen pour un audit au top
Ces 10 principes de base, définis par Jakob Nielsen, sont ta grille de lecture essentielle pour ton analyse experte. En tant que webdesigner stratège, tu dois maîtriser au moins les plus importants. On va faire un focus sur quatre d’entre eux qui posent souvent problème.
| Heuristique | Description simple | Problème typique à auditer | Exemple d’impact UX |
|---|---|---|---|
| Visibilité de l’état du système | L’utilisateur doit savoir où il est, ce qui se passe et l’état d’avancement de sa tâche. | Pas de barre de progression sur un formulaire long ; Pas de message de confirmation après l’ajout au panier. | L’utilisateur pense que l’action n’a pas été prise et clique plusieurs fois, menant à des erreurs. |
| Correspondance entre le système et le monde réel | Utiliser un langage, des icônes et des conventions que l’utilisateur comprend (pas de jargon trop technique). | Utilisation de termes métiers non vulgarisés ; Icônes ambiguës (ex : utiliser une maison pour « retour à l’espace client » au lieu de « retour à l’accueil »). | Augmentation du temps de compréhension et de la confusion. |
| Prévention des erreurs | Mieux vaut prévenir que guérir. Éliminer les sources d’erreurs potentielles. | Demander la confirmation avant une suppression irréversible ; Formulaires sans validation de format (ex: email). | Frustration massive de l’utilisateur qui doit recommencer sa tâche. |
| Esthétique et design minimaliste | Moins, c’est mieux. Ne pas surcharger l’interface d’informations non pertinentes. | Trop de pop-ups, trop de couleurs agressives, affichage d’informations de développeur (messages d’erreur complexes). | Surcharge cognitive, l’utilisateur a du mal à se concentrer sur l’objectif principal. |
Pour la liste complète, je te recommande de consulter directement la source : les 10 Heuristiques d’Usabilité du Nielsen Norman Group. Une mine d’or !
Les pièges classiques de l’audit UX (et comment les éviter) 😉
Quand on apprend comment faire un audit UX, on tombe souvent dans les mêmes pièges, surtout quand on est freelance et qu’on a le nez dans le guidon. Je suis passé par là, et j’ai perdu quelques heures (et cheveux) au début.
Le piège n°1 : Le biais de l’expert (ou « Je sais ce qui est bon »)
C’est le plus dangereux. Tu es un expert, tu connais les règles, donc tu as tendance à juger le site selon tes propres habitudes d’utilisateur. C’est le fameux « biais de l’expert ».
- Solution : Toujours revenir aux données utilisateurs (quantitatives ou tests qualitatifs). Si l’heuristique dit qu’un élément est mal placé, mais que 95% des utilisateurs le trouvent immédiatement, l’heuristique n’est pas le problème prioritaire ici.
Le piège n°2 : Confondre cause et symptôme
Un taux de rebond élevé est un symptôme. La cause peut être un temps de chargement trop lent, un design incohérent ou un manque de pertinence du contenu (pas assez de typo claire).
- Solution : Utilise la méthode des 5 Pourquoi (popularisée par le Design Thinking) pour creuser chaque problème jusqu’à la racine.
Le piège n°3 : Ne pas lier l’UX aux objectifs business
Si tu trouves un problème d’UX, mais que sa correction ne rapportera rien au client (en termes de légitimité, d’argent, ou de temps gagné), c’est une perte de temps. Un bon audit lie chaque recommandation à un KPI (Key Performance Indicator).
L’expérience montre que… présenter un rapport d’audit avec des recommandations non quantifiables est la recette pour que le client mette ton travail au fond d’un tiroir. Mets en avant la valeur, pas seulement le défaut.
Synthèse et recommandations : le livrable qui vend
La dernière étape, et non la moindre : la présentation de tes résultats. Un audit de 200 pages que personne ne lira est inutile. Ton rapport doit être synthétique, orienté action et percutant.
Structurer ton rapport d’audit (Proposer des solutions concrètes)
Pense à ton rapport comme à un argumentaire de vente pour la phase de refonte (que tu vas bien sûr proposer !).
Le plan idéal de ton rapport :
- Résumé Exécutif : Le problème, la méthode utilisée, les 3 découvertes majeures (1 page maximum).
- Analyse & Diagnostic : Le détail des problèmes trouvés (classés par section du site : navigation, tunnel d’achat, formulaire, etc.), avec la preuve (capture d’écran, citation d’utilisateur, chiffre Analytics).
- Recommandations : La liste des actions à mener (très concret : « Ajouter un message d’erreur » au lieu de « Améliorer la gestion des erreurs »).
- Feuille de route : La priorisation des actions.
Prioriser les corrections (La méthode P.I.E.)
Tu vas trouver des dizaines de problèmes. Le client ne peut pas tous les corriger d’un coup. C’est ton rôle de prioriser. J’utilise souvent la méthode P.I.E. pour définir l’ordre d’urgence :
- Potential (Potentiel) : Quel est l’impact potentiel de cette correction sur l’objectif (ex: augmentation du taux de conversion) ?
- Importance (Importance) : Quel est le niveau de gravité du problème UX (ex: blocage complet du parcours) ?
- Effort (Effort) : Quel est le coût et le temps de développement nécessaire pour implémenter la correction ? (Faible, Moyen, Élevé).
Les tâches à réaliser en priorité absolue sont celles qui ont un Potentiel élevé, une Importance élevée, et un Effort faible. Ce sont les Quick Wins qui donnent de la crédibilité à tout le processus.
L’audit UX dans le flux de travail du webdesigner stratégique
L’audit UX n’est pas une action isolée ; il est intégré dans une démarche plus large. Il peut précéder ou suivre un atelier de Design Thinking ou faire partie intégrante de ton service de web designer stratégique.
Chez Webby Booster, on te pousse à voir l’UX comme un cycle continu. Un audit régulier permet de maintenir les performances et de s’adapter aux changements de comportement des utilisateurs. C’est l’essence même de la méthodologie Lean UX.
Si tu veux voir où cet audit s’inscrit dans la globalité d’un projet, jette un œil à notre guide sur le processus créatif webdesign. Tu verras que l’analyse est toujours le point de départ avant de se lancer dans la création ou la refonte.
Checklist express : les 5 actions pour lancer ton premier audit UX
Pour résumer et te donner un plan d’action immédiat, voici les 5 choses que tu dois faire dès aujourd’hui pour te lancer et maîtriser comment faire un audit UX :
- ✅ Définir les KPIs : Qu’est-ce qui est mesurable et lié à l’argent/objectif du client ?
- ✅ Récolter la data : Assure-toi d’avoir l’accès Analytics et les enregistrements de session (Hotjar/Clarity).
- ✅ Passer la grille heuristique : Applique les 10 règles de Nielsen sur le tunnel le plus critique (ex: inscription/paiement).
- ✅ Trouver les preuves : Pour chaque problème, trouve la preuve chiffrée ou qualitative (heatmap, chiffre de rebond, citation utilisateur).
- ✅ Prioriser : Classe tes recommandations avec la méthode P.I.E. pour proposer un plan d’action immédiat et efficace.
Conclusion
Voilà ! Tu as maintenant toutes les clés pour ne plus simplement créer de jolis sites, mais pour créer des sites qui fonctionnent vraiment. L’audit UX est la compétence qui te fera passer de « designer » à « architecte de conversion ».
Fais un tour sur Webby Booster pour te procurer le Template d’audit web pro. C’est le raccourci idéal pour délivrer des audits impeccables et impressionner tes clients sans effort.
Maintenant, il n’y a plus qu’à appliquer. Bonne chance dans tes missions d’audit, et n’oublie pas : le diable est dans les détails de l’expérience utilisateur ! 🤜🤛